Vous venez d'être exposé à une situation à risque avec une personne séropositive (blessure accidentelle avec un objet souillé de sang, rapport sexuel non protégé, le préservatif s'est percé, échange de seringue...).
depuis plus d'un an, vous pouvez bénéficier dans ce délai d'un traitement post-exposition, dit "prophylactique", afin de mettre toutes les chances de votre côté pour éviter l'infection.
En se rendant au plus vite, dans les heures suivant l'exposition à risque, et au plus tard 48H après, dans l'hôpital (service des maladies infectieuses et service des urgences) ou le centre de dépistage anonyme et gratuit le plus proche. Sur place, un entretien est mené aussitôt avec un médecin, qui évalue avec le patient la gravité du risque pris et décide ou non de prescrire le traitement prophylactique - et ce, sans appréciation morale sur les pratiques sexuelles de la personne concernée.
L'objectif est d'éviter qu'une contamination potentielle ne devienne une réalité. Le but est de faire en sorte que les molécules anti-rétrovirales du traitement, les antiprotéases, détruisent le virus du VIH in situ, avant qu'il ne franchisse la barrière muqueuse et qu'il n'entre dans l'organisme. D'où la nécéssité absolue de démarrer le traitement le plus rapidement possible après l'exposition. En France, les médecins estiment qu'au-delà de 48h, la contamination est déjà installée (aux Etats-Unis, dans certains Etats, on le prescrit jusqu'à 72h après l'exposition au virus).
L'efficacité du traitement n'est pas assurée à 1OO%. On estime aujourd'hui qu'il peut réduire de 8O% au moins le risque de contamination.
Il s'agit généralement d'une bithérapie et parfois d'une trithérapie. Il varie selon le type d'exposition et les antécédents de santé du patient.
Une grossesse en cours, une maladie sévère du foie, du pancréas ou des reins, des antécédents allergiques connus à l'un des médicaments, une polyallergie ou un très mauvais état de santé sont contre-indiqués.
Le traitement dure quatre semaines, à raison de deux à trois prises de médicaments par jour. Mais le suivi sérologique après traitement dure ensuite cinq mois. Le patient ne sait avec une certitude absolue s'il est séropositif ou non, que 5 mois après l'arrêt du traitement, soit 6 mois après l'exposition au virus du sida.
Le traitement peut engendrer des effets secondaires plus ou moins gênants selon les personnes. Les symptômes les plus couramment observés sont un état de grande fatigue, des maux de tête, des nausées et des fourmillements.
Pour les assurés sociaux, le traitement est automatiquement pris en charge à 1OO% par la Sécurité Sociale. Pour les non-assurés sociaux, le processus de prise en charge est un peu plus compliqué (beaucoup de formulaires à remplir) mais il existe.